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Plateforme collaborative pour l'art contemporain à Paris et en Île-de-France

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L’université et les prix d’art contemporain : l’arrivée de nouveaux acteurs dans le monde de l’art

Prix de Rome, Prix du Salon : deux prix académiques qui avaient la possibilité et le pouvoir de déterminer quels artistes étaient choisis, récompensés, ou délaissés jusqu’à la deuxième moitié du 19e siècle. Aujourd’hui, la multitude des propositions artistiques et la diversité des médiums utilisés ont donné un rôle davantage expérimental aux différentes récompenses d’art contemporain et notamment à celles qui se démarquent par leur audace. Sciences-Po, Dauphine : certains connaissent ces noms pour leur réputation dans le milieu universitaire, mais dans l’univers artistique, ces noms sont connus différemment.

© Jérôme Douaud

En 2010, le Prix Sciences Po pour l’art contemporain est créé à l’initiative de quatre étudiantes de l’université, l’établissement soutenant également cette initiative. L’artiste Guillaume Bresson remporte le Prix du Jury. L’objectif ? Apporter l’art aux étudiantes et étudiants, potentiels nouveaux acteurs du milieu artistique. Avec des comités de sélection et des jurys se composant de professionnels du monde de l’art, le prix a su devenir une référence pour les jeunes artistes. Partenaires et mécènes sont alors de plus en plus nombreux à soutenir cette nouvelle vision de l’art contemporain. Chaque année, les artistes en lice pour remporter le prix se voient proposer une exposition de 10 jours dans l’enceinte de l’école, où le prix sera remis à la fin de cet évènement. Deux lauréats du Prix du Jury et du Prix du Public remportent respectivement 5000€ et 1000€ : l’intérêt pour les artistes ne réside pas uniquement dans les récompenses, modestes, mais également dans la visibilité offerte par ce type de nomination.


C’est en 2014 que l’université Paris-Dauphine, à travers son Master Management des Organisations Culturelles, fonde son propre prix d’art contemporain, soucieuse de participer au rayonnement de nouveaux jeunes artistes. Le Prix Dauphine reprend les mêmes critères que le Prix Sciences Po: un prix organisé par une grande école, dont le critère primordial est l’émergence de l’artiste – seuls les étudiants en art et les artistes de moins de 30 ans peuvent espérer être sélectionnés – pour mettre en avant une nouvelle scène artistique, éloignée des têtes d’affiche habituelles. Toutefois, à la différence des autres prix d’art contemporain, ce dernier récompense un artiste, mais également son curateur associé, constituant un binôme qui établira une proposition d’exposition autour d’une thématique énoncée. Suite au résultat final, cinq duos exposeront dans l’université tandis que les deux lauréats se verront offrir un espace d’exposition à la Galerie du Crous pendant quelques jours. Créé par les jeunes et pour les jeunes, ce prix a pour particularité de mettre en avant autant l’artiste que le curateur associé, deux activités liées par la création contemporaine.


Ces prix influencent le terrain de la création artistique et plus encore, ils ont un rôle et des effets sur le marché de l’art. Choisir, à travers une université ou une grande école, de décerner un prix d’art contemporain, va au-delà des frontières habituelles de l’art. C’est donner une légitimation particulière, singulière voire inattendue à des artistes dont nous apprécions le travail et auquel nous croyons. C’est autour de ces différents talents que souhaitent se retrouver étudiants, amateurs et professionnels. L’université devient un point de rencontre entre artistes et « non-artistes » et un moyen d’enrichir leur pratique.


Nouveaux rapports de force liés à de nouveaux acteurs dans le monde de l’art contemporain, volonté de prendre part aux débats artistiques et ainsi de s’engager dans le futur culturel : une nouvelle voie s’ouvre à la jeune création contemporaine.



Maxime Bourron